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PROTON D

Historique

Lanceurs Proton DFamille Proton D - Dessin Philippe VOLVERT. Agrandir

 

Contrairement à la R-7 de Korolev qui est un missile nucléaire transformé en lanceur spatial, la famille des UR est conçue de façon à être aussi bien utilisée dans le civil que le militaire. C'est ce que l'ingénieur en chef Vladimir Tchelomeï appellera les Universalnii Raketi ou Fusées Universelles. Après avoir conçu l'UR-100 qui deviendra 50 ans plus tard les Rockot et autres Strela, Tchelomeï conçoit la UR-200 et la UR-500. Cette dernière serait capable de lancer une bombe nucléaire de 100 mégatonnes à l'autre bout du monde. Dès 1961, les travaux sur l'UR-500 débutent. Dans un premier temps, Tchelomeï envisage un assemblage en faisceaux d'UR-200. Bien que performante, cette version ne l'est pas assez. Il faut, par conséquent, développer un nouvel engin. En même temps que le design de la fusée se profile, l'étude de la motorisation commence. Si Korolev n'a pas accepté pour sa fusée lunaire N1-11A52 les moteurs RD-253 du motoriste Valentin Gloushko à cause de leur trop haute toxicité en cas d'accident, ils feront l'affaire de Tchelomeï.

 

La même année, Kennedy lance son défi lunaire à la Nasa. Devant un tel défi, le Kremlin ne peut pas rester sans rien faire. Le premier satellite est communiste, le premier être vivant est communiste, le premier homme est communiste, la première femme est communiste et ce sont les communistes qui réussissent le premier envoi d'une sonde vers et autour de la Lune. Comment serait-ce possible que ce ne soit pas un communiste qui soit le premier sur la Lune? Dans ce contexte, le Kremlin décide de donner son feu vert à 3 projets: les sondes automatiques pour l'étude de la Lune, une mission autour de la Lune avec l'UR-500 et non des moindres, un atterrissage avant les Américains avec une fusée N1-11A52. Priorité est donc donnée à ces 3 programmes. C'est le début des ennuis pour l'URSS.

 

Le 24 avril 1962, le Kremlin signe le décret de développement de l'UR-500. Il s'agit d'une fusée assez particulière et l'est encore 40 ans plus tard. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il n'y a aucun propulseur d'appoint sur la fusée. Il s'agit en fait de réservoirs. Le concept est unique dans le domaine spatial. Le corps central, de 4,15 m contient de l'azote. Autour de lui, 6 réservoirs de 1,7 m de diamètre contenant de l'UDMH. Les moteurs du premier étage sont fixés sous les 6 réservoirs. Le second étage est plus classique puisque autant le carburant que le comburant se trouve dans des réservoirs superposés. Le dernier étage est remplacé par un laboratoire de grande capacité destiné à l'étude des particules spatiales dénommé Proton. C'est lui qui donnera le nom à la fusée. Le 16 juillet 1965, Proton D s'élance pour son vol inaugural et le réussi parfaitement.

 

Dans la nomenclature, la Proton porte différent nom. Pour le constructeur, il s'agit de l'UR-500. Dans l'arsenal soviétique, elle est dénommée 8K82. Le nom officiel pour la fusée est Proton.

Données techniques

PROTON D / UR-500 (8K82)

Proton D

  • Opérateur: ?
  • Maitre d'oeuvre: Khrunichev State Research and Production Space Center
  • Premier vol: 16/07/1965
  • Dernier vol: 06/07/1966
  • Statut: Hors service
  • Nombre de vols orbitaux: 4
  • Nombre total de vols: 4
  • Fiabilité: 75,00 %
  • Sites de lancement: Baïkonour (LC81/23)
  • Coût: -
Dressée sur son socle de lancement, Proton attend la mise à feu de ses moteurs pour placer sur orbite un satellite du même nom - Photo Gunter's Space Page

FICHE TECHNIQUE

  • Hauteur (m): 39,80
  • Masse au décollage (t): 596,70
  • Masse à sec (t): 55,6
  • Poussée au décollage (kN): 8 682

ETAGE

LONGUEUR (m)

DIAMETRE (m)

CARBURANTS

MOTORISATION

POUSSEE (kN)

DUREE (s)

Mk-1 (1) 21,18 (19,70) 4,15 (1,60) UDMH + N2O4 6 x RD-253 8 682 135
- (2) 10,10 4,15 UDMH + N2O4

3 x RD-465

1 x RD-468

2 280 170
Coiffe 8,50 4,15

Performances orbitales

LANCEURS

LEO

MEO

SSO

MOLNIYA

GTO

GEO

EVASION

Proton D 12 200 kg - - - - - -

Sources